12 octobre 2009
Bonsoir à tous. Je ne sais plus à quelle occasion j'ai vu un humoriste parler de Facebook. Il s'agissait peut-être de Gad Elmaleh, ou Jean-Marie Bigard, je ne me souviens pas. Reste que Facebook est un bon sujet, un sujet tendance, dans lequel chaque djeun de la planete peut se retrouver, et actuellement en manque total d'inspiration, je dois avouer que je trouve là ma muse pour quelques lignes au moins.
Je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps : je hais Facebook. Je hais tout dans Facebook, et j'y reviendrai plus tard, mais sachez simplement que dans l'échelle de ma haine concernant internet, Facebook se trouve quelque part en pole position.
Un peu d'histoire. A la base, Facebook, c'est un site hébergeur qui permet aux utilisateurs de tous horizons de stocker des photos, et de les partager avec ses amis. Quelques années plus tard, Facebook s'est quelque peu égaré, et a légèrement modifié son concept. Aujourd'hui, il s'agit d'un site dans lequel on peut stocker des amis, et les partager avec ses autres amis. Et on peut également y poster des photos, tout comme on peut y adhérer au fan club d'Hitler, c'est selon.
Je parle d'échange d'amis, mais en fait on pourrait comparer Facebook à un jeu Pokemon. Le but est d'attraper le plus d'amis possible, de les échanger, ou faire des combats d'amis (ça doit être possible). Ainsi, la plupart du temps vous attrapez des amis que vous ne connaissez absolument pas, comme Robert Robinet du Gers, et le but sera de le faire évoluer, combattre donc, et de l'échanger avec ses amis pour qu'ils s'en occupent. Votre collection d'amis aura pour but d'être la plus importante possible afin d'un jour devenir grand maitre Facebook, reconnu de tous. Evidemment, vous comprendrez bien qu'il ne faut pas faire la fine bouche. Si un Gaspard Francis 58 ans de Fleury Merogis tombe entre vos mains au détour d'un clic malheureux, il faudra vous empresser de l'ajouter à votre collection, quelle que soit sa valeur.
Cet aspect évoqué, venons en au site. Vous pouvez donc entreposer des photos de vous, d'amis (réels ou de Facebook), ou autre. Mais comme je l'ai déjà dit, Facebook ne se limite pas à ça. Ainsi, aux côtés de vos photos, celles de vos amis et les autres, existent une foultitude de petites choses, des adds, des gadgets très droles, couvrant à peu près tout ce qu'il est possible d'imaginer. Vous pouvez ainsi rejoindre des fan clubs, détailler les moindres instants de votre vie, discuter avec vos amis Facebook, noter des films ou des plats, dessiner, faire découvrir votre art, effectuer des tests de QI, danser la gigue, et que sais-je encore. Et c'est là que Facebook est bon, il a eu l'excellente idée de tout mélanger sur votre page. Ainsi, il est probable qu'en voulant publier une simple photo de vous à l'enterrement d'un proche, vous tombiez sur le résultat du test de grossesse de Tatie Fernande, ou sur une photo du dépistage du cancer colo-rectal de Robert Robinet du Gers. Au bout de quelques heures et de quelques amis, votre page se retrouvera donc emplie d'anecdotes, de photos de gens que vous ne connaissez pas, de commentaires de gens que vous ne connaissez pas sur une photo d'une autre personne que vous n'avez jamais vu, de Graffitis, de liens vers des vidéos Youtube de singes qui se font pipi dans la bouche, etc. Ajoutez à cela le fait que chaque action peut se faire de 10 manières différentes à l'aide de 10 liens, et vous obtenez enfin le résultat escompté par les créateurs : le chaos.
Une autre particularité de Facebook est son extrême lenteur. Je ne développerai pas ici les nombreux bugs qui surviennent à chaque session sur son compte, même s'ils représentent 90% du temps passé sur Facebook, non, je resterai sur le simple fait d'effectuer des actions simples, comme poster une photo ou un dessin, commenter quoique ce soit, et naviguer d'un profil à un autre.
Il faut pour cela prévoir un temps libre conséquent. Effectivement, le moindre geste de votre part necessitera plusieurs minutes d'attente, sans compter le temps supplémentaire d'attente avant que ce que vous avez envoyé apparaisse où que ce soit. S'il ne fait pas planter le profil de votre pauvre ami pour quelques heures. Ainsi, quand vous faites une publication, prévoyez un bon livre, ou un voyage aux WC, car vu le délai, il semblerait qu'elle passe devant le haut conseil de Facebook, qui l'analysera sous tous les angles et en débattra avant de l'accepter sur le site.
Quand on débute sur Facebook, on est étonné par la qualité du contenu. Pas celui de votre page, non mes amis, par celui de votre boite mail. Car par défaut, soucieux que votre curiosité soit rassasiée comme il se doit, les concepteurs ont pensé à une brillante invention des plus pratiques : vous prévenir par mail. Ainsi, lorsque votre compte est créé, passé les 8 mails de confirmation normaux, ainsi que ceux de confirmation de confirmation et de félicitation, vous ajoutez quelques amis. Vous publiez quelques photos. Pour chaque ami qui accepte votre offre, vous recevrez un email congratulant, pour chaque photo, on vous préviendra qu'elle est bien arrivée, au cas ou elle se serait perdue dans un bug de le_internet 2.0, et dès lors qu'un ami viendra écrire un petit mot sur votre mur ou commenter votre profil ou quoique ce soit, vous recevrez un mail également. Ainsi, rapidement, vous constaterez que vous avez 30 nouveaux mails de Facebook sur votre boite à chaque heure, mails qui, s'ils vous donneront l'agréable sensation qu'on pense à vous quelque part dans le monde, n'en resteront pas moins décevant lors de l'ouverture. Bien heureusement vous trouverez vite comment désactiver cette fonction, non sans être tombé sur la photo de la verge d'un ami en voulant vous rendre dans les paramètres de votre compte.
Une autre fonction des plus alléchantes est le tag. Ainsi, vous vous evertuiez à ne poster que des photos avantageuses de vous, prises sous votre meilleur profil, maquillé et endimanché, éclairé par la lueur bienfaitrice de la lune se reflettant sur l'océan au bord duquel vous posiez, sauvant un enfant de la noyade ? Eh bien ce n'était pas nécessaire, car vos amis peuvent eux aussi poster des photos où vous vous trouvez, et vous taguer, en encadrant votre visage, ce visage fatigué et laid que vous pensiez garder secret à la fin d'une triste soirée envinée, où chaque pore de votre peau transpire le sebum, où votre gros bouton sur le nez que vous aviez essayé de masquer à l'aide de moult artifices s'est retrouvé plus visible que votre nez lui même, mis en valeur par le flash de leur téléphone, et où vous vous êtes vomi et uriné dessus. Cette photo et ce tag apparaitront en premier plan sur votre profil, deviendront visibles pour tous vos autres amis, particulièrement ceux auprès desquels vous essayiez de faire bonne figure dans la vie de tous les jours, ou viendront ruiner votre image auprès de vos amis Facebook qui pensaient que vous étiez mannequin.
Vous l'aurez compris, Facebook est une terre de contraste sur internet, une projection de nos vies sur la toile, un de ces petits plus qui nous font apprécier l'an 2009. Il est donc compréhensible qu'il rencontre le succès, et provoque un tel engouement chez toute la jeunesse. Demandez donc à Jonathan G. Parker, qui ne pouvant à juste titre se passer de son site favori, n'a pu s'empêcher d'aller consulter son profil dans la maison qu'il cambriolait, sur le PC de ses victimes.
Comme je le comprends.
17 septembre 2009
RIP
Je sais, ce n'est pas vraiment mon genre de surfer sur l'actualité pour rédiger des notes à succès, particulièrement les tristes nouvelles. Je suis conscient que quand vous venez ici, vous venez chercher un sourire, voire un rire, dans le froid de la matinée d'automne qui vous attend, ou avant la fraiche nuit qui va vous apporter repos après une dure journée. Néanmoins, à la vue des faits récents ayant touchés nos vies, je n'ai pu m'empêcher d'écrire au moins un petit mot, un petit "billet", comme les appellent les détestables blogueurs présomptueux et imbus d'eux-même, car j'ai pensé qu'il était nécessaire de saluer un homme, une vie qui nous quitte après nous avoir tant offert.
Je dis un homme, mais je devrais plutôt parler d'un artiste. A coup sûr, son nom restera éternellement gravé dans les esprits et les souvenirs aux côtés du mot "musique". Sa vie, il l'aura voué à cette passion dans laquelle il aura su se montrer si créatif. Musicien, chanteur, mais surtout danseur de génie, je me souviens mon admiration dans ma toute jeunesse à la vue de ses pas gracieux, agiles, presque venus d'ailleurs.
Je me rappelle de la chambre de ma soeur, fan n°1, dont les murs étaient tapissés de ses posters, jusqu'à la poignée de porte qui n'y échappait pas ; je me souviens cette vénération incroyable et cet engouement général pour un Dieu de la scène qui est parti trop tôt. Ma jeunesse aura été bercée de ses chansons et de ses mots, que j'essayais de comprendre malgré mon jeune age, et qui auront certainement contribué à ma soif d'apprendre l'anglais. Et n'oublions pas ses frères l'ayant accompagné sur scène, n'ayant pas connu le même succès, mais frappés de la grace divine eux aussi.
Alors c'est pour toi que j'écris ces quelques lignes aujourd'hui, toi qui es parti incompris malgré cette oeuvre que tu laisses, toi que les tabloïds n'auront pas épargné pour vendre quelques copies, au détriment de ton talent.
Tu as écrit "to be free or not to be", j'espère que la mort t'aura apporté la liberté que tu méritais. Repose en paix, Filip Nikolic.
Good night, sweet Prince.
29 août 2009
C'est cado
Parfois il m'arrive de relire mon Blog. Je l'ai fait récemment. Bon, très bon.
Je parcourais ces lignes de haute volée, sentant bon la malice et le miel d'acacia, et je me suis pourtant dit merde. Merde, tout ce temps perdu. Toutes ces choses que j'aurais pu faire à la place. Un tel talent gaché, bafoué par l'internet 2.0. J'aurais pu être, je sais pas, président ? Président de la Terre.
Mais trève de bavardages. Je me doute de votre déception, vous qui attendiez la suite de la déjà cultissime note sur les moustiques, qui s'était terminée sur un cliffhanger qui ferait rougir de honte les meilleurs scénaristes américains. Vous attendiez la note sur les souris, voire celle sur les fourmis qui suivra peut-être. Oui, mon appartement est devenu une basse-cour. Mais non, rien de tout cela.
Je me questionne sur la vision que les lecteurs peuvent avoir de moi. Par exemple, la musique que j'écoute en écrivant. Vous m'imaginez probablement écoutant quelque chose de complexe. Quelque chose capable de muscler mon gargantuesque cerveau alors qu'il exécute déjà une autre action créative. De la musique expérimentale, du classique peut-être ? La vérité est pourtant bien plus simple. J'écoute "Tu veux mon Zizi" de Francky Vincent. Et c'est donc en écoutant Tu veux mon Zizi, et en pensant à tous ces grands textes qui vous sont offerts gratuitement que je me suis dit qu'il manquait quelque chose sur ce blog. Pas de l'intelligence, du raffinement, ou encore du charme, certes non.
DE LA PUB
Et de la pub, désormais vous en aurez. En fait, il se trouve justement que je lance ma propre marque de T-Shirts. Ainsi, pour la modique somme de 15€, vous pourrez maintenant adopter la Ed Wood Attitud' et connaitre vous aussi la réussite sexuelle.
Pour le moment deux coloris : Bleu, et Vert dit "Caca d'Oie". Les couleurs les plus tendance du moment. Bientôt disponible en Jaune de Damas.


Sachez que les commandes sont ouvertes. Dépêchez vous, il n'y en aura pas pour tout le monde !
Ed Wouod.
02 août 2009
Recyclage
Bonsoir à tous.
C'est parfois dans le manque d'inspiration que viennent les meilleures idées. Comme par exemple celle d'aller fouiller les vieux dossiers (les dossiers "Bordel 2" ou "Backup X" qui hantent mon bureau) à la recherche d'un souvenir à se mettre sous la dent. Car entre photos de mon anatomie en gros plan et vidéos de singes s'urinant dans la bouche, j'ai également retrouvé de vieux textes d'époque que j'ai écrit à la réouverture de ce blog. Textes qui dans le temps ont été jugés insatisfaisants et vous ont donc été épargnés, se trouvant oubliés, reniés dans ce triste dossier. Mais à la relecture, et en les comparant avec les textes que j'écris actuellement, et qui seront à leur tour jetés dans ce même dossier pendant plusieurs années pour leur médiocrité, je n'ai pu m'empêcher d'en constater l'immense potentiel, la drolerie pure et dure qui en émanait, le génie en somme. Cette note aura à coup sûr sa place au panthéon des meilleures, et sera incluse dans le "Best Of Ed Wood", très prochainement chez vos libraires. Accompagnée d'ailleurs de mon nouveau recueil "Comment décevoir ses lecteurs". Ce soir, donc, je vous fait part d'un de ces textes dans son format original, et qui date très exactement de mon retour à Bordeaux.
Remontons le temps ensemble ... souvenez vous ..............
Bonsoir,
Aujourd'hui c'est mon anniversaire. Je n'aime pas mon anniversaire, mais je me suis quand même dit qu'il fallait immortaliser ce jour d'une note, une note bien trempée, une note qui fera bouger le monde (comme chacune de mes notes, je sais), avec un potentiel hautement politique et / ou intellectuel. (biffer les mentions inutiles)
Malheureusement, ayant vécu dans un total désintérêt du monde ces 25 dernières années, je n'avais guère matière à vous satisfaire à ce niveau, insatiables assoiffés d'information que vous êtes. D'autant plus que mes penchants de bouddhiste radical en auraient choqué plus d'un, et très probablement provoqué des départs du Blog. J'ai donc cherché plus terre à terre, plus commun, moins intéressant, et en suis arrivé à une thèse finalement fort satisfaisante sur la vie des Pygmées dans... le pays où ils vivent, vous savez.
Mais, cruel coup du sort, une fois de plus mon projet dut retourner à l'état d'oeuf néantique, suite à un mail de plainte de l'association des Pygmées ayant eu écho de mon projet, et étant contre cette nouvelle note bien trempée et faisant bouger trop de choses.
Alors voilà, de retour à zéro, il me fallait quand même un sujet, je suis désolé, navré. Mais je vais vous parler de mon nouvel appartement et des créatures y vivant.
Autant l'avouer tout de suite, mon appartement est sympa. Il est situé dans un quartier sympa de Bordeaux, dans une rue sympa, non loin de tout ce qu'il faut pour vivre, de commerces sympas, du tram, ce qui est également sympa, et du quartier des quais, qui est sympa la nuit si on a de l'argent.
J'y ai emménagé il y a environ 2 mois. On m'avait prévenu qu'il était sympa avant que j'arrive, et sur le coup j'ai quand même un peu déchanté, parce que tout sympa qu'il est, il fait un peu vieillot à certains endroits. Et j'aime pas trop les trucs vieillots moi. C'est un coin agé de Bordeaux, ça fait peut être partie du patrimoine historique, j'en sais rien, mais toujours est-il que j'étais un peu déçu. Enfin voilà. Mais c'est tout à fait supportable. Moi tant que des cafards ou des araignées n'essaient pas de s'introduire dans ma bouche pendant la nuit pour fusionner, et que la déco n'est pas composée de toiles de ces mêmes araignées (sur lesquelles j'ai déjà écrit, souvenez vous), je me porte bien. Hors l'appartement est totalement dénué de ce type d'insectes, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Mais, car il y a un mais, ne croyez pas pour autant que je sois le seul locataire. D'autres sympathiques habitants résident ou ont résidé en ma compagnie. Lesquels, vous demandez-vous ? Je ne vous parlerai que de deux d'entres eux : Le Roi des Moustiques et Fifi la Souris.
La première chose m'ayant mis la puce à l'oreille n'est pas Fifi la Souris contrairement à ce qu'on aurait pu penser (bien qu'elle doive en avoir en nombre), mais bel et bien le Roi des Moustiques. Et c'est à lui tout particulièrement que je rendrai hommage ce soir.
Installé depuis quelques semaines, je trouvais étrange de me réveiller le matin avec des boutons sur l'oreille, et autres parties du corps humain que la décence me défend de mentionner. Moi qui n'ai pas de problèmes de boutons contrairement à toi, lecteur, j'étais fort intrigué. Fin octobre, il ne peut s'agir de moustiques me suis-je dit. C'est déjà quasiment l'hiver, le thermomètre indique des températures négatives, un Moustique n'aurait jamais pu survivre dans de telles conditions.
J'avais donc opté pour des insectes gratuitement méchants tels que les araignées du soir, souhaitant par leur morsure devenir les maitres du monde, et retournez lire la note sur les araignées du soir si vous ne comprenez pas la référence, parce que j'aime m'auto-citer. Je suis comme ça. J'aime qu'on doive relire l'intégralité de mon Blog pour comprendre une phrase sans intérêt. Mais revenons à nos moutons. J'eu beau scruter tous les recoins de mon plafond pour dénicher la bête, nulle araignée ne se montra à mes yeux ce jour là. Et vu que je suis un grand persévérant, j'en oubliais donc la cause de ces étranges boutons et appris à vivre avec pendant quelques temps.
Jusqu'au soir où il se manifesta.
C'était un froid soir de Novembre. Mon radiateur était en marche sur la puissance maximale depuis de nombreuses heures pour atteindre un niveau de chaleur à peine appréciable, et je vaquais à des occupations diverses. Tout à coup, alors que j'étais absorbé par la contemplation d'un site pornographique, passe devant mes yeux en voletant un insecte non identifié. Etonné, je le suis du regard, et il va se poser sur le mur non loin. C'était bien un moustique, et en cette froide saison, c'était déjà surprenant. De plus il était totalement silencieux en volant. Nul besoin d'être un grand penseur pour saisir que j'avais devant moi la cause de ces mystérieux boutons qui me rendaient la vie laide depuis un mois.
Connaissant les moustiques pour leur capacité à s'enfuir, je choisissais d'être discret dans mon approche, bien décidé à le terrasser d'un seul coup violent, qu'il paye pour tout le mal qu'il m'avait causé. Ma main était à deux centimètres de lui, le mur était blanc et donc il se voyait comme un nez disgracieux au milieu d'un visage fin, c'est à dire beaucoup. Je sentais la tension régner entre lui et moi, il me provoquait presque en s'étant posé là, si près de moi, et pourtant quelque chose ne collait pas. Je décidais d'en finir et envoyais ma main de toutes mes forces en direction de l'indésirable. Il était absolument certain que je l'avais eu, diplômé dans mon enfance entre autres en attrapage de mouches, je n'avais aucun doute là dessus. D'autant plus que le mur étant blanc, je l'aurais vu s'envoler s'il m'avait échappé, ayant braqué tous mes projecteurs sur lui. Je retirais ma main pour contempler l'écrasé, et là je ... me rendis compte qu'il n'y avait rien.
Je n'en croyais pas mes yeux, jamais encore un moustique n'avait échappé à ma poigne légendaire, surtout pas à une telle distance, et il avait totalement disparu, une téléportation probablement. Il n'y avait rien au sol, rien sur ma main, rien dans les airs... je ne l'avais pas vu bouger, il aurait dû être sous ma main. Il était fort.
Je n'en entendis pas parler pendant plusieurs jours, continuant néanmoins de me faire piquer la nuit... je me transformais peu à peu en éléphant man, accablé de tant de boursouflures que je me sentais obligé de hurler "JE NE SUIS PAS UN ANIMAL, JE SUIS UN ÊTRE HUMAIN" lors de mes maigres sorties dans le monde extérieur pour me ravitailler.
Une semaine plus tard, lassé de cet ennemi surpuissant et invisible, ma patience et mon apparence physique à bout, je décidais de passer à l'offensive, quitte à sacrifier ma nuit pour le bien commun. (Le bien de ma patience et de mon apparence physique, si vous suivez)
Je m'armais de tout ce que j'avais en ma possession : quelques bombes insecticides, un briquet afin d'en faire des chalumeaux, et surtout, une bonne dose de courage. J'enfilais une double dose de vêtements afin de me protéger, je faisais craquer mes articulations, j'allumais toutes les lumières, je stoppais toute nuisance sonore afin de me retrouver en harmonie avec mon environnement, tel un glorieux guerrier du vietnam qui écoute la jungle lui parler, et j'attendais. J'étais fin prêt.
Quelques heures passèrent. Alors que le sommeil commençait à me faire somnoler, après toute cette attente, je l'entendis. Le connaissant par coeur, comme un vieil ennemi dont on a appris les mouvements, je savais qu'il guetterait le moment où je faillirais afin de venir se repaitre de mon fameux rhésus O négatif.
Tout à coup, je le vois se poser négligemment sur mon bras, comme s'il s'imaginait déjà vainqueur du combat, prêt à enfourner son dard flamboyant dans mon épiderme. Je l'observe. Il est énorme, et mérite bien son titre de roi des moustiques ... depuis toutes ces semaines où il a élu résidence chez moi, il s'est fait plaisir le bougre, ça a dû être Noël tous les jours.
J'attends quelques instants qu'il se soit bien cramponné à ma chair, et là, j'entame le combat par une bonne dose d'insecticide dans sa direction. Il semble presque ne pas réagir, renforcé par les supers pouvoirs que lui ont offert mon sang et qui l'ont probablement fait muter, mais finalement, il se met à tressaillir quelque peu, et exécute une envolée disgracieuse vers un recoin sombre de l'appartement, rendu un peu groggy par une dose qui aurait certainement tué dix fois un moustique ordinaire. Je le vois aller se poser sur une commode foncée. Je le sais légèrement affaibli par le produit, mais je reste sur mes gardes... je m'approche de lui, afin de pouvoir le confronter visuellement, j'attends quelques instants que le poison contamine bien tout son corps, et je sens que l'histoire est proche de sa conclusion. Je relève mes lunettes à infrarouges, enlève mes moufles afin de bien pouvoir sentir son corps s'écraser contre mes doigts lorsque le coup de grace arrivera. Un léger sourire en sa direction, quelques mots, "hasta la vista, baby". De toute mes forces, j'envoie éclater ma main contre la commode, l'impact me fait mal tant il est brutal et plein de hargne. Je la retire, et aperçois enfin l'énorme tache de sang que je souhaitais voir depuis toutes ces nuits d'insomnie. La bête est morte. Le roi est mort. Son cadavre n'est plus qu'un amas grotesque de particules gisant dans un bain de sang.
Je m'assoie sur mon lit, m'allume une cigarette et contemple ma victime, presque déçu de voir un si farouche ennemi hors du tableau. Je songe la laisser là quelques jours histoire de repenser à tous ces moments qu'il a gâché par sa présence (et également histoire que le sang s'incruste et ne soit plus jamais nettoyable, ruinant ainsi ma précieuse commode).
Epuisé, j'enlève tous les vêtements qui m'encombraient, abattu par la bataille. J'éteins les lumières, la guerre est finie, le sommeil du juste peut m'assaillir enfin. Je m'allonge et me laisse emporter par un profond sentiment de plénitude.
Quelques minutes plus tard, j'étais réveillé par un bourdonnement dans mes oreilles. Finalement non, mes amis, la guerre n'est jamais finie.
11 mai 2009
Avec le temps
Je profite du fait que mon porno finisse de se charger pour vous entretenir d’un sujet qui me tient à cœur. Un sujet qui risque de créer la polémique.
Il y a de cela 8 ans, 8 longues années, frais comme un gardon et encore dans la fleur de l’âge, je sortais en gambadant de feu mon lycée après les cours, et me mettais en direction d’un bâtiment non loin de là. Un bâtiment mystérieux, inquiétant. Ouvrant timidement la porte, je foulais du pied pour la première fois de ma vie ce qui était un cours de code de la route. Une grande aventure s’annonçait à moi.
8 ans plus tard, je n’ai toujours pas mon permis. J’ai été véhiculé pendant toute ces années par des amis qui avaient une voiture, par mes parents, par des bus, des collègues, des tramways, des enfants, et ce week-end par ma sœur, de 6 ans ma cadette. Et c’est là que je me suis dit que quelque chose n’était pas normal. Que quelque chose clochait chez moi. Je n’ai pas de voiture, je n’ai pas de permis, et je n’en ai vraiment rien à foutre. Du moins je n’en avais rien à foutre jusqu’à ce que ma sœur ne me conduise et que je ressente quelque chose qui s’apparente à de la honte. J’ai 26 ans, et je me contrefous totalement de posséder une voiture, une moto, ou un quelconque moyen de locomotion. Pire encore, je ne me suis absolument jamais intéressé à ces ustensiles. Je n’en ai absolument rien à secouer des voitures. Je suis de ces rares survivants humains de type male qui ne connaissent rien à rien dans ce domaine là, ils se comptent sur les doigts d’une main, et qui se contentent de sourire négligemment en hochant la tête, genre j’ai tout compris et j’approuve, quand on me parle de la toute dernière Peugeot qui fait du 210 sur la Rocade ou d’une marque de Moto qui assure. Alors que soyons francs, je ne saurais même pas différencier une Peugeot d’une Renault. Ou d’une courgette.
J’ai pourtant essayé, j’ai suivi des cours de code quelques temps. A plusieurs endroits même. J’ai bien analysé les diapositives qu’on me proposait, dans lesquelles il fallait, non pas connaitre son code de la route, mais être doué d’une vision de busard des prairies afin de pouvoir débusquer le bout de panneau caché par un arbre dans le rétroviseur sale de la voiture, afin de comprendre à qui allait être la priorité. Mais rien à faire, ça n’a mystérieusement jamais réussi à me captiver. Tout y était, pourtant.
Du coup durant ces années je n’ai jamais passé le moindre examen, je ne sais même pas si je serais digne d’entrer à la Nasa comme vous l’êtes probablement si vous possédez une voiture. Plus le temps avance, plus ma condition est dure à porter. Ma sœur m’a conduit, nom de dieu.
J’ai 26 ans, et je n’ai que mes pieds. Je suis un des derniers grands rebelles.
07 mai 2009
Retournement de situation
Les plus aguerris d’entre vous l’auront remarqué, j’ai il y a quelques temps pris la décision de faire de ce blog jadis très personnel quelque chose de plus généraliste au niveau des thèmes, un peu comme ces humoristes qui, quittant les notes d’humour concernant l’échec de leurs liaisons ou encore les plaisanteries pleines d’auto-dérision à propos de leurs petites tares physiques ou de leur couleur, ont décidé d’écrire des textes sur les petites choses de tous les jours, pouvant ainsi toucher le plus grand nombre.
Le principe est le même ici, et l’objectif, ne nous le cachons pas, était purement vénal. Des thèmes lisibles par tout un chacun tombant sur le blog, comme par exemple les examens à la fac, les restaurants, l’herpès. J’évitais ainsi l’effet classique du blog où l’auteur raconte sa minable vie, qui n’a aucun intérêt pour quelqu’un arrivant de l’extérieur de son cercle de connaissances.
Des sujets plus étendus, des nouveaux lecteurs, plus de visites, plus de commentaires, et donc plus d’argent. Un blog c’est un peu comme une entreprise, et mes instincts de prédateur patronesque ont malheureusement pris le dessus sur l’ « éthique Edwood » qui avait fait ma renommée, attiré par l’appât du gain.
La seule chose qui manquait à ma brillante équation, c’est le fait que les sujets "généraux" ne sont pas intarissables , et bon nombre ont déjà été écrits ou tournés dans tous les sens, la plupart sur ce blog. Ne disposant d’absolument aucune imagination, cette dernière ayant été anéantie par des années de télé, de PC et de maladies vénériennes, j’ai rapidement été confronté à ce que les écrivains appellent « la malédiction de la page blanche ». N’ayant pas écrit pendant plusieurs mois, j’ai au final obtenu moins de lecteurs, moins de visites, moins de commentaires, et donc moins d’argent. Ce qui explique mon absence ces longs mois, occupé que j’étais à chercher de quoi me nourrir dans les rues de Bordeaux.
C’est désormais une époque révolue puisque ce blog va redevenir outrancièrement intimiste, vous saurez tout, tout sur le zizi, ou plutôt les zizis qui m’entourent.
Commençons cette nouvelle ère dès à présent, si vous le voulez bien, avec deux anecdotes qui puent la vie privée à plein nez.
Hier matin, alors que j’me levais, normal, tu vois, j’me fais couler mon noiraud, comme d’hab, j’enlève mon falzar, j’me dirige vers les gogues, et là, vl’a t’y pas que j’sors ma teub pour m’faire mon ptit pissou. (Mon dieu, à quoi en suis-réduit.) J’relève la cuvette des chiottes, j’m’apprête à piorer, quand tout à coup j’te vois un d’ces mastards sortir d’sous le tapis !
Un bestiau comme c’cui’ci ça f’sait bien longtemps qu’j’ten avais pas bichté un. J’savais même pas qu’ça pouvait vivre en France c’t’affaire là. C’était pas d’la gnognotte. 20 lieus d’long, des pattes qu’tu savais même pas à quoi qu’ça pouvait lui servir, des pinces qu’ty foutrais pas marcel même contre le cul d’la ptite Germaine.
J’te lui fous un coup d’sabaud, l’truc y devient tout plat. J’croyais qu c’était bon, jretourne avaler mon noiraud, jme fous torse poil pour m’aller vider ma crasse, j’m’apprête à entrer dans la douche. J’y fous un pied, tu vois, et là, nom de millediou, c’est y pas qu’jte vois une autre bestouille, toutes antennes sorties ? J’me te l’ai ébouillanté et fait couler dans l’syphon l’machin, l’avait plus assez d’pattes pour re’vnir.
J’sais pas c’qu’y s’passe dans mon boui boui, mais nom d’un diou ça commence à grouiller.
Autre anecdote, hier matin, j’étais en retard. La journée commençait pourtant bien, ayant raté mon tram j’avais tout loisir de vaquer à mes occupations favorites de début de journée, c'est-à-dire les seules disponibles pendant les 5 minutes qui séparent un tram d’un autre. Je lisais donc les journaux qu’on distribue devant les arrêts, et arrivé à ma partie préférée, « horoscope », je décidais naïvement de lire la section me concernant. Je suis beau, je suis intelligent, je suis fier, je suis un capricorne. Pour nos amis capricornes du monde entier hier, selon le quotidien « 20 minutes », voici quels étaient les conseils de la journée :
« Quelques ennuis gastriques sont à prévoir aujourd’hui. Auriez-vous abusé des bonnes choses ? »
Méditons ensemble cette question. Que pensait donc la personne en charge de la rédaction de cet article ? S’est-elle dit, pensant bien faire, que les gens lisant le journal le matin avant d’aller au boulot avaient envie de s’imaginer, pour leur journée, qu’elle serait placée sur le signe de l’indigestion et que cela serait là tout ce qu’ils en retiendraient ? Qu’ils ont envie qu’on leur dise qu’ils vont passer la journée à avoir la diarrhée ou qu’ils vont souffrir ?
La veille, mon horoscope me prétendait que j’étais trop impétueux, le jour d’avant que j’allais commettre des étourderies. Et puis quoi encore ? Quels seront les prochains conseils ? « Vous êtes con. » ? Va-t-on m’annoncer mon décès dans l’horoscope du « 20 minutes » ?
Je ne connais pas la réponse à ces questions, ce que je sais, c’est qu’il y a à la rédaction du « 20 minutes » un être malfaisant qui mérite qu’on lui prédise des boutons purulents dans l’anus pour la journée de demain.
Voilà, c’en sera tout pour aujourd’hui. N’hésitez pas à me donner vos feedbacks ou vos checkin’ sur les résolutions inconsidérées que je prends d’un jour à l’autre à propos de mon blog, car j’envisage très prochainement le revendre à un réseau clandestin de prostituées roumaines, et votre avis compte, vu que vous en deviendrez les clients.
19 avril 2009
Sans titre, sans catégorie
Heil Hitler !
Certains me croyaient ou m’espéraient décédé, mais j’ai envie de dire : Non, non. Mon absence tous ces longs mois qui vous a fait tant de peine ne s’explique pas par ma récente adhésion au groupe néonazi de Fleury Merogis, où j'ai récemment purgé ma peine.
L’explication, car il y en a une, est toute autre. Mais êtes-vous vraiment prêts à la connaitre, la triste, l’horrible vérité ? Je n’en suis pas certain.
Certains mails que j’ai reçu durant mon absence, dignes de messages envoyés à Dieu par d'innocents enfants en manque d'amour, transpiraient quand même beaucoup l’angoisse. Je m’en voudrais d’être à la base d’un nouveau drame, de nouveaux suicides. Mais je vous dois également une réponse, à vous, mes 4 fidèles lecteurs.
La reprise d’une activité à temps plein, une fainéantise aigüe, un goût trop prononcé pour les mmorpg, l’ablation totale d’une partie de mon cortex cérébral afin d’en ôter toute conscience et morale ; oui, je pourrais en trouver des tas, d’excuses convaincantes à vous offrir. Mais la réalité est plus sale, plus choquante, plus « dirty » comme on aime à le dire dans les milieux chics. L’explication est simple. Le coupable, le seul, l'unique, le voici :
LE FLUX RSS.
Le flux RSS est coupable de tous les maux. Il viole des enfants. Il fait que vous avez un petit pénis. Il explique ma disparition. Pourquoi ? Je vous propose grâce à mes talents surdéveloppés d’écrivain d’effectuer un petit bond dans le passé, et de retourner il y a quelques années, dans les prairies prospères et ensoleillées de la blogosphère française.
Nous sommes très exactement le <jour lambda 3> de l’année <lambda 3>. Je me réveille, encore un peu fatigué par ma nuit agitée passée à rêver que je cultive des navets dans un parc d’attraction. Je me prépare un café (à l’époque, cela s’appelle encore un « noiraud »). J’allume ma télévision afin de créer l’ambiance sonore de fond nécessaire à tout bon réveil qui se respecte. Mon deuxième réflexe est d’allumer mon écran de PC, et de charger mon navigateur web favori, Netscape 2.0.
Je m’arme d’une cigarette, du noiraud qui a fini de couler à travers un filtre sale, et là, là mes amis, je me met à produire mon activité favorite du matin : la lecture de tous les blogs qui sont dans mes favoris.
Je n’en ai que 5 ou 6, délicatement et murement choisis parmi des milliers, et je les regarde tous un à un, afin de découvrir, un sourire naissant au coin de mes lèvres encore imberbes, si une nouvelle note a été écrite par un des auteurs de renom que je lis, ou si un nouveau commentaire a été rédigé par un flamboyant lecteur. De la même façon, j’ouvre mon blog, à l’époque simple journal de jeune lycéen brillant étudiant le cinéma (qui sera plus tard mentionné, cité dans des journaux de renoms), et, rendu presque fébrile par ce moment qui précède la découverte, je vais vérifier si on a posté de nouveaux messages en réponse à mes notes, parfois d'insulte, souvent d'amour.
Cette routine du matin, si chère à mes yeux, fait partie intégrante de ma vie. L’attente, la surprise, le chargement long des pages, l’apparition d’un nouveau texte à l’écran, le suspens.
Tout cela a été réduit à néant par le RSS.
Observons désormais la routine d’un surfeur de l’an 2009.
Il se lève le matin, appuie sur un bouton de sa machine à café Nespresso qu’il a acheté parce qu’il a vu George Clooney en venter les mérites à la TV, et que mine de rien, George Clooney, c’est pas d’la gnogiote. Son café coule automatiquement. Pendant ce temps il a déjà ouvert son nouveau navigateur favori, Internet Explorer 8, et là… rien. Une OPTION VENUE D'ON NE SAIT OU l’avertit instantanément si le moindre message, commentaire, pixel, a été ajouté parmi le millier de blogs qu’il survole tous les jours. Des blogs de piètre qualité la plupart du temps, qui n'arracheraient pas un sourire à Dany Boon, mais quelle importance : il n’a même pas eu à les choisir vu que ses flux RSS lui font gagner un temps précieux et lui évitent de tous les « checker », comme il le dit, laissant donc plus de marge à la lecture du tout et n’importe quoi. Il peut donc de cette façon atteler son temps rendu libre par les RSS à lire les derniers potins du matin de kikoonoo qui raconte sur son blog BD comment il a découvert qu’il avait un petit bouton sur le scrotum.
Vous l’aurez compris, le flux RSS a tué les blogs. RSS flux killed the blog’o stars. Et cette absence de surprise, de merveille de chaque instant a également enlevé l’envie aux bloggeurs fainéants de prendre soin de leurs lecteurs. Inconsciemment, je me dis que de toute façon vous saurez grâce aux RSS quand j’écrirai une nouvelle note, et que donc vous ne perdrez pas de temps à vérifier avec insistance toutes les minutes si quoique que ce soit de neuf est arrivé. Du coup, ne culpabilisant plus, je vous délaisse, je vous spolie, je vous mens.
Le RSS est le seul fautif dans cette sombre affaire, et je n’hésiterai donc pas, surfant à contresens de la mode tel un rebelle du 21ème siècle, à le blâmer de tous mes maux. J’irai même plus loin, en vous demandant, lecteurs, de vous désinscrire dès à présent des flux RSS de mon Blog, de les supprimer sans regret aucun, et de retrouver cette magie simple d’antan, qui me poussera à contrecœur à vous écrire plus régulièrement comment par exemple j’ai découvert que j’avais un petit bouton sur le scrotum. De mon côté, je vais supprimer cette option de mon blog, qui a déjà bien assez fait de mal.
En vous remerciant de votre attention,
© Ed Wood 2009.
12 décembre 2008
Balade autour du Monde
Lecteur tu me connais, la chance ne me sourit que très rarement. Ainsi donc, dans cette période à priori déjà fort maussade, le sort a jugé utile d'y ajouter une petite coupure de Neuf en plus, c'est à dire de me supprimer mes dernières sources de joies en ce bas monde : Internet, TV, et téléphone. (Non, en fait téléphoner n'est pas un plaisir pour moi)
Mais c'est en fait une bonne nouvelle (ou pas, c'est selon) étant donné que ça m'a donné l'occasion d'y pécher le sujet d'une nouvelle note, très passionnante, très belle. Tu le sais, je suis un peu comme ces poètes tourmentés qui puisent leur verve dans leurs malheurs. Je suis un peu le Rimbaud des blogs quoi. "La souffrance à fleur de blog". Je vais renommer ce blog "Rimbaud", tiens. Ou "Rimblog".
Après deux jours de coupure, trouvant le temps long à jouer au solitaire Windows, je me suis enfin décidé à contacter le Service Client.
Déjà premier point, y'a pas à dire, on ne cesse de nous faire savoir que les services clients des FAI sont de plus en plus performants, mais ils ont bel et bien su garder ce charme pittoresque qui nous fait tant les aimer depuis toujours. Petite musique légère d'attente de circonstance ; petite voix suave nous présentant le nombre de minutes à patienter. Petit rappel de la somme à payer par minute à patienter.
Après quelques flopées de minute vient enfin le ou la conseillère (je suis pour l'égalité des sexes). Et là surprise, la communication entre êtres humains semble rencontrer quelques difficultés. J'ai du mal à discerner le langage de mon interlocuteur. Est-ce du Croate, du Yougoslave, de l'Ethiopien ? Le dénommé Rachid se présente à moi, il semble ne pas maitriser la langue française à la perfection, espérons que sa maitrise du réseau ADSL soit de plus haut niveau. Malheureusement il n'en est rien, et ce pauvre homme que je sens dépassé par les évènements, dont il a déjà du mal à comprendre la simple énonciation, me prie de patienter, à grand renfort de "Merci Missieur" "Merci Missieur", et autre "Merci". Oui, il semble qu'à défaut de choisir des gens comprenant le Français, les grands pontes de Neuf Telecom ont déterminé qu'il les fallait très polis. Ainsi, les rares mots français maitrisés par le brave homme étaient tous des formules de politesses, dont il abusait à souhait. Mielleux à outrance, me remerciant d'absolument tout, allant même jusqu'à me remercier de lui dire merci en fin de conversation, je ne peux pas dire que j'ai été pleinement satisfait de mon entretien lors de ce premier appel, même si son côté Tintin au Congo n'a pas manqué de m'amuser.
Décidant de retenter ma chance quelques jours plus tard, convaincu que Rachid n'a pas compris un traitre mot de mon problème, et a envoyé comme rapport "Merci" à ses supérieurs, je me décide à retenter l'expérience.
Cette fois là, c'est Mamadou qui me répond, et je me crois tout à coup transporté sur les îles, tant son accent prononcé au charme traditionnel me les rappelle. Lui aussi, très poli, est déjà légèrement plus compétant que mon précédent ami. Il repère d'emblée que le rapport effectué par ce cher Rachid était plus ou moins incomplet, et décide d'en refaire un. Il me dit que je serai averti quand la réparation sera effectuée. Je le remercie, il me remercie de le remercier, et je raccroche, cette fois avec la certitude que mon souci sera réglé brièvement, étant donné qu'il m'a fixé un délai de 3 jours pour cela.
Trois jours plus tard, je reçois un sms de Neuf, me remerciant de les avoir contacté, et m'expliquant que la panne va être réparée sous un délai de cinq jours montre en main.
Deux semaines plus tard, je reçois un appel de France Télécom sur mon portable. Ces derniers m'expliquent, dans un charabia incompréhensible comportant essentiellement des mots techniques difficiles, connus de eux seuls, (probablement pour qu'on pense que c'est sérieux et qu'on ne s'en melle pas) tout en marmonnant afin qu'il soit moins facile de saisir ce qui reste, qu'il n'a pas trouvé de problème sur le plot Alpha 28 de France Telecom et qu'il renvoie le formulaire A53 à Neuf afin qu'ils checkent la synchronisation sur leur Meta-Plot de calibre 20, au cas ou le souci viendrait d'une désambulation du condensateur hypothermique.
J'attends encore. Commençant à trouver le temps long, je me permets la petite folie de recontacter Neuf afin d'en savoir plus, et j'ai l'honneur de rencontrer la douce Amel.
Attendez un instant. Rachid, Mamadou, Amel. Est-ce un hasard ? Je me pose la question en entendant la suave voix tintée d'un accent difficilement compréhensible d'Amel. Après une énième explication de mon problème (à croire qu'ils n'ont pas accès au dossier, ou que celui ci est totalement vide), cette dernière se trouve fort dépourvue quand elle n'a point de nouvelles informations à m'offrir. Elle se décide fébrilement, un trémolo d'effroi dans la voix, à me mettre en relation avec... un TECHNICIEN DE NIVEAU SUPERIEUR.
Je patiente quelques minutes, et là, tombe sur un technicien transpirant la vieille France comme rarement encore j'en avais ouï. Robert de son prénom, voire Bébert pour les intimes, semble tout droit sorti de l'ACADEMIE FRANCAISE, à tel point que je me demande s'il ne tape pas sur son clavier avec des baguettes en guise de doigt, et ne me parle avec un camembert en guise de bouche.
Nettement plus informé que ses congénères, il semble tout saisir, après tout c'est normal, je suis passé au niveau supérieur, et met en place un entretien avec France Télécom pour qu'ils étudient ma ligne.
Ce qui me laisse à penser que l'échelon hiérarchique de Neuf télécom se présente à peu de choses près ainsi :
Suite à toutes ces pérégrinations (?), j'aurai eu encore beaucoup de soucis. Je ne vais pas toutes les narrer. Sachez simplement que j'ai dû recontacter Neuf, suis tombé sur Mustafa. Un technicien de base de France Telecom est venu chez moi, Abdul, beau et noir comme la nuit, qui sera remplacé plus tard par un Technicien de Niveau Supérieur de France Télécom, caucasien jusqu'au bout des ongles, et critiquant le travail effectué par le brave Abdul.
Vous l'aurez compris, cette note était placée sous le sceau de la multiculturalité raciale de la France, et donc sous l'inspiration d'Obama. Parce que placer Obama dans une note, ça fait branché, ça fait cool, c'est dans la vibe.
En vous remerciant de me remercier. A bientôt.
22 octobre 2008
Rater ses examens avec style
A l’heure où les résultats du Bac approchent pour les plus jeunes d’entre nous tel le dernier repas pour le condamné à mort, il y a fort à parier que certains des concernés regrettent. « Regrettent quoi ? », te demandes-tu, lecteur au front empli d’acné et de bêtise ? De s’être donné à fond, pour si peu en fin de compte. Vous vous dites que vos efforts n’ont peut-être pas payé, n’ont pas été compris ou reconnus à leur juste valeur. Cette injustice, en plus de déshonorer votre travail actif de dernière minute (que je respecte, qui peut donc avoir envie de travailler pendant l’année ?), vous rabaisse, vous offense, et lecteur, je le sens grâce à mes talents surdéveloppés de Medium et de simple Génie, tu as la HAINE.
Alors ce que je te propose dans cette note, c’est de t’aider pour la prochaine fois. Oui, tu m’as bien lu. Je suis un homme bon, j’ai foi en toi. Tu auras un jour ou l’autre, si tu ne finis pas la corde au cou suite à la honte d’avoir failli à la première session du Bac, l’occasion de passer d’autres examens. On peut penser plus particulièrement aux Partiels à la Fac, à ceux des grandes Ecoles (mais tu n’iras jamais dans une grande Ecole avec ton dossier de raté du Bac), ou encore aux examens médicaux. Ces derniers ne justifiant d’ailleurs pas d’aide particulière de ma part.
Pour ce qui est de la Fac et consors.
Le jour des examens approche, puis le jour est là. Ce n’est pas ta faute si tu n’as pas révisé lecteur, je comprends ton affection pour le visionnage de films pornographiques, on ne voit parfois pas le temps passer. Te voilà donc fort dépourvu quand le temps… fut venu. Tu pénètres dans l’amphithéâtre, ne sachant même pas de quelle matière il s’agit, et là, te voici livré à toi même. Tu te sens seul. Presque un guerrier.
Certes, tu pourrais simplement signer pour être compté présent, et tendre une feuille blanche au surveillant devant tous tes camarades dès le début. Genre « je suis trop bien pour ça. ». Tu pourrais également te la jouer Péril Jeune et ramener au professeur une citation philosophique inscrite au beau milieu de la page, qui montre quel grand rebelle tu es, et qui te fera passer pour le héros de la session, couronné comme tel plus tard dans la soirée, et bénéficiant donc des services sexuels de toutes les femmes du campus / lycée en guise de récompense pour ta bravoure. (ça n’arrive jamais en vrai, tu auras juste l’air d’un loser et tu te toucheras tout seul chez toi devant un court métrage zoophile en pleurant)
Mais tu n’es pas démodé lecteur, et tu ne vis plus dans les années 60. Si tu lis ce Blog, tu cherches des idées neuves, tu cherches de quoi bouleverser le fragile équilibre dans lequel notre monde sombre peu à peu, grâce à un anti conformisme certes un peu insolent, mais tellement attachant. Tu cherches la révolution. Et tu es surtout trop lâche pour montrer à tous que tu es un loser, que tu n’as pas révisé et que tu vas avoir 0 de façon plus ou moins certaine.
Voilà donc pourquoi ma première constante sera nommée la « Dissimulation ».
CONSTANTE PREMIERE : LA DICSSIMULATION
Le point capital à retenir –G envi 2 dir- commun à tous les échecs, c’est d’arriver à garder son honneur en toutes circonstances.
En effet, lecteur, tu as de l’égo même si tu me laisses te dicter la façon dont tu dois vivre. Tu n’as pas envie, quelques années plus tard, d’être devenu dans la tête de tous le clochard des révisions, celui qui a toujours 0 et sur qui on ne peut pas compter en cas de coup dur. D’autant plus que tu risquerais de passer pour un sombre idiot, ce que tu n’es pas. Ou que tu es, c’est selon.
Tu souhaites donc échouer, mais échouer avec talent, avec style, garder la tête haute. Tu es un Eliot Ness moderne, « la défaite, c’est presque la victoire. ».
Afin d’y parvenir, laisse moi te le dire tout de suite, il te faudra de la patience. En effet, tu pensais probablement pouvoir boucler ton examen en 5 minutes et rentrer chez toi dormir ou te toucher en pleurant, eh bien non. Le style, ça se mérite. Il te faudra patienter un temps honorable là bas, le temps nécessaire pour avoir l’air, non pas normal, non pas mauvais, mais l’air intelligent. En fait, la valeur est exacte, il te faudra précisément attendre 1h39 sur les 3h, suite à quoi tu ramèneras ta copie, l’air satisfait, un léger sourire en coin affiché triomphalement sur ton visage, que les autres comprennent quel brillant jeune homme tu es, et aient peur de ta suprématie. Ce qui les stressera et leur fera eux aussi échouer leur examen, pourquoi s’en priver après tout.
Bien entendu, tu te dis que faire preuve d’une telle assurance est bien inutile si c’est pour se trimballer avec une feuille vierge recto verso, que tout le monde verra. Particulièrement au bout de 1h39, on a tendance à observer ceux qui sortent, et ça fait long le rien. Ne sois pas insolent lecteur, ne m’oblige pas à t’envoyer des décharges psychiques avec mes puissants POUVOIRS MENTAUX, je te prie, les explications arrivent.
La patience étant la règle d'or de cette première constante, son application pratique dans la dissimulation, est le meublage. Le meublage, c’est le fait de garnir la première face de la copie de texte, que ta copie ait l’apparence, le goût et l’odeur d’une vraie au premier regard, sans l’être réellement bien entendu. Un échec fait avec style se doit d’être correctement meublé, de façon crédible, et d’un trait assuré. Pour cela, plusieurs artifices viendront t’aider à gagner du temps et/ou de l’énergie.
Premièrement, surjouer la mise en page. N’hésite pas à sauter 3, ou 4 lignes entre chaque en-tête, ou titre et sous-titre de ton épreuve. N’hésite pas à écrire gros, mais pas trop non plus, il faut qu’on ait l’impression qu’il y a du corps dans ton texte. De plus pour les quelques « finitions » dont nous parlerons plus tard, il est important que ta première page ait du caractère, que la surprise n’en soit que meilleure.
Pour ce qui est du contenu, si tu t’es bien débrouillé au niveau des sauts de ligne tu ne devrais pas avoir grand chose à écrire. Des phrases passe-partout sont à connaître, on peut également faire semblant d’élaborer un plan afin d’exciter artificiellement l’intérêt du lecteur. Attention cependant à ne pas trop se fouler, l’intérêt étant tout de même d’obtenir une note comprise entre 0 et 1 (pour la présentation), pas de faire des efforts inutiles de réflexion en rapport avec le travail. Car si tu aimais ça, tu l’aurais déjà fait durant l’année.
Donc voilà. Au final, la première page devrait ressembler à cela :
Ce n’est bien entendu là qu’un exemple vulgaire et sale, à toi de faire preuve d’originalité et de malice dans la forme. Même si tu es à n’en pas douter quelqu’un de froid et d’opiniâtre si tu lis ce Blog, et que tu n’as pas la moindre personnalité.
CONSTANTE SECONDE : LES FINITIONS, LA SURPRISE
Une fois ta belle première page garnie des plus doux mots de ton modeste vocabulaire, et des tournures les plus aguicheuses, vient l’instant magique où tu pourras enfin laisser libre cours à ton imagination, voire à ta haine du système si tu es un rebelle.
Les possibilités sont aussi nombreuses que l’infini que peut concevoir un cerveau humain, mais je n’en citerai que trois, que j’ai tout personnellement testé et approuvé lors d’années de laisser aller à la Fac.
Avant de mentionner les exemples en question, il est capital de garder en tête que non, un examinateur ne mettra jamais une bonne note parce qu’il vous trouve sympa, que vous l’avez fait rire, ou que vous semblez plus intelligent que la moyenne avec votre copie n’ayant rien à voir avec le sujet. Que ça soit en Philo, en Littérature, en Histoire du Mocassin à travers les âges et que sais-je encore. Si certains se sont déjà ventés d’avoir obtenu une bonne note de la sorte, ils n’ont fait que colporter une légende urbaine crasseuse, les profs n’en ayant absolument rien à scouber de votre talent pour l’écriture ou de votre personnalité brillante à fleur de peau. Une fois qu’on sait tout cela, on peut donc se laisser aller bassement sans regrets, inutile de caresser les examinateur dans le sens du poil, offrons leur ce qu’ils n’auront que très rarement vu ailleurs. Profitez de l’anonymat que vous procure la correction d’un examen du niveau supérieur, et essayez de vous figurer l’expression sur le visage de votre correcteur lorsqu’il lira votre devoir avant tout.
Exemple I, L’artiste
C’est personnellement mon préféré, bien qu’un peu facile. L’œuvre consiste à, après avoir commencé un devoir apparement banal en première page, utiliser la cachette que constitue l’entrepage pour laisser libre court à votre talent en dessin. Ensuite, sur la page de derrière, reprendre votre texte comme si de rien n’était.
Cela donne quelque chose comme ça : 
Bien entendu, ici l’artiste a choisi un Pénis. Pourquoi pas ? Vous pouvez si ça vous chante faire un dessin mignonet, vous représentant par exemple en train d’offrir des fleurs à votre professeur sous un soleil souriant de façon complice, ou encore opter pour une reproduction d’un tableau de Michel-Ange. Rien n’est imposé, cela dépend de votre niveau. Il faut simplement que l’examinateur soit surpris en ouvrant la page pour lire la suite de votre dissertation.
Exemple II, le Hors Sujet
Le sujet de base, traitant d’une sombre époque médiévale et de Guerres entre deux factions dont tout le monde se fout de nos jours, ne vous a guère passionné ? Revisitez donc la question à votre sauce, et n’hésitez donc pas à traiter d’un tout autre domaine. Pour ma part, je me souviens avoir écrit une flamboyante dissertation sur les escaliers de la Salle où je passais l’examen, lors d’une épreuve de Lettres Modernes. Bien entendu, comme tous les grands génie, je n’ai pas été compris de mon époque, mais gageons que la copie continue de circuler de professeur en professeur, telle une légende dans le monde examinatoire.
A noter que pour cet exemple, vous pouvez amorcer le thème que vous aurez choisi dès la première page, en général le correcteur se contentera de voir qu’il y a du texte, et n’aura pas commencé à lire avant que vous ayiez quitté la salle. Ou alors c’est un grossier personnage et il aurait mérité un Pénis en entrepage.
Exemple III, la pire copie de tous les temps
Le titre me semble assez évocateur. Vous avez déjà entendu des Profs rire entre eux d’une copie excessivement mauvaise au Lycée ? Voire même la lire en classe pour humilier le pauvre bougre l’ayant créée ? Donnez leur ce qu’ils attendent depuis toujours : une copie si énormément mauvaise qu’ils l’encadreront dans leur petite salle à eux, et devant laquelle ils ne pourront s’empêcher de verser une larme ou quelques goûtes de sperme tous les matins au long de leur funeste vie. Donnez le maximum de vous même, après tout vous êtes censé ne rien y connaître, restez dans le crédible, mais accumulez les erreurs les plus honteuses, les plus affligeantes qui soient. C’est le genre de copie qu’on prend plaisir à aller réclamer afin d’en lire les corrections, et l’énervement de l’examinateur grandissant, pour peu que vous maitrisiez un tant soit peu le crescendo.
Avec tous ces conseils, vous voilà parés pour voler de vos propres ailes vers un tout nouveau monde d’échecs, qui loin de vous permettre d’aller misérablement vous recoucher chez vous comme un loser que vous êtes, vous offrira un grand moment de jouissance, et des anecdotes à raconter à vos petits enfants losers, ou à encadrer chez vous afin de, ou de.
Ne me remercie pas, lecteur, remercie le champ gravitationnel de la Lune.
11 octobre 2008
Everybody's Waiting
Diantre, après une nuit blanche-marathon et plus de 8h de Six Feet Under, je viens enfin de terminer la série, et je me suis dit que c'était l'occasion de poster une notounette pour en parler brièvement. Brièvement, car j'avais en fait déjà préparé une note colossale sur le sujet, où je présentais même les persos et compagnie, mais finalement après relecture j'en ai été très déçu, je n'ai pas réussi à faire passer exactement le message souhaité. Il faut dire qu'il est dur de parler d'une série et de communiquer son enthousiasme sans livrer le moindre spoiler. Alors je pense que quelques mots seront plus éloquents qu'un gros pavé bien gras et indigeste.
Donc oui, je viens de terminer la série. On m'avait dit que la fin était bouleversante, et c'est effectivement le cas. Probablement la plus grande fin de série jamais faite. Attention je préviens tout de suite, inutile d'aller voir des vidéos sur le net, vous en trouveriez, certes, mais bien entendu sans avoir vu le reste de la série, ça n'aurait absolument pas l'impact normalement suscité chez tout être humain digne de ce nom (ou robot programmé pour ressentir des émotions). Et ça vous gacherait probablement le plaisir si vous décidiez un jour de vous y mettre.
Six Feet Under est une série extrèmement à part. On n'y trouve pas de cliffhanger à chaque fin d'épisode, les rebondissements ne sont pas forcément extradordinaires, mais c'est de loin une des expériences télévisuelles, voire cinématographiques (car la qualité y est) ou tout simplement romanesques les plus enrichissantes qui soit, rien de moins. La série n'est pas exempte de critiques bien entendu, pour tout vous avouer, au début je n'ai pas accroché. On me l'avait conseillée souvent, j'avais regardé les premiers épisodes, et certes c'était remarquablement filmé, mais je m'y étais un peu ennuyé. J'avais même trouvé le concept un brin prétentieux. J'avais donc laissé l'idée de la voir intégralement en plan quelques années, avant d'y retourner un beau jour pour combler l'ennui. Et là, d'accord. Pour peu qu'on se mette bel et bien dans la série, et qu'on passe le cap de la première saison, il y a de très fortes chances qu'on trouve au moins un personnage ou un trait de personnalité auquel s'identifier. Rarement série n'est allée aussi loin dans la psychologie de personnages, d'êtres humains dans leur incroyable complexité, espoirs, envies, peurs, défauts, contradictions. Après, il n'y a qu'à se laisser glisser, et vivre la formidable expérience humaine qui nous est offerte. Car Six Feet Under c'est avant tout ça : une leçon, une exposition d'humanité, on y apprend sur soi, sur les autres, sur la vie. Et combien de séries peuvent se venter d'un tel ouvrage ? Très peu malheureusement.
Voilà, donc. Je ne peux que vous conseiller de vous y mettre un jour ou l'autre. Il y a 5 saisons, 12 ou 13 épisodes par saison, et chaque épisode dure environ 1 heure. On peut faire des pauses, on y reviendra toujours tôt ou tard, comme un vieux feu de cheminée quand il fait froid. C'est un condensé de vie, une dissertation sur les rapports entre humains, une expérience unique. Les moments m'ayant le plus touché ou marqué sont la fin de la Saison 2, toute la fin de la Saison 3 qui m'a surpris et tenu en haleine comme jamais, et enfin le final de la série bien évidemment. Moult larmichettes que j'ai décidé d'afficher virilement sur la place publique car j'en suis fier. Mais ce ne sont là que des repères bien particuliers, tout est bon à prendre de toute façon.

