Edwood

Le blog temporaire qui remplace le nouveau blog disparu

14 mars 2017

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Test

Posté par Dadark à 15:11 - Je t'aime EDWOOD [1] - Permalien [#]




05 mai 2012

Katel



Parfois avant de m’endormir, dans le noir, le regard fixé sur le néant du plafond, il m’arrive d’avoir des flashs de souvenirs. Je n’en comprends pas trop la cause, c’est peut-être dans ces instants de pure solitude, sans rien d’autre à faire que penser et ressasser, que mon esprit décide de bien faire peser le temps qui passe en me rappelant des phases de vie lointaines, qui paraissent si exagérément éloignées que je pourrais les penser tirées d’une autre vie.

Ce soir, sans aucune raison, j’ai repensé à ma période de colocation, la fin plus précisément. J’en avais déjà parlé. Pour resituer le truc, c’était donc au terme de deux années de vie commune avec mon meilleur pote, à la fac, des années où les limites avaient été bravées, où la déchéance avait atteint son paroxysme. C’était le moment où, dans une tour abritant près d’une centaine de locataires, le concierge de la résidence avait décidé de venir nous rendre visite tout spécialement, de bon matin, après avoir contacté nos parents vis-à-vis de notre conduite inacceptable. Mon ami lui avait pour ainsi dire conseillé de retourner dans sa cave à vin, agrémentant la chose de quelques politesses pour discréditer le pauvre homme, telles que « Allons, visiblement vous n’êtes pas à jeun… ». Bref, le temps était venu sur décision maternelle de nous séparer et d’entamer notre vie chacun de notre côté.

Il restait donc environ un mois avant l’été, et avant l’heure de déménager. Pas vraiment refroidis par ces évènements, nous profitions des derniers jours pour apprécier la vie en colocation, et le cadre confortable dans lequel nous vivions.
Durant notre temps de vie dans cette tour, nommée « Eurofac », nous n’avions pas vraiment sympathisé avec nos voisins, hormis peut-être un, relativement encombrant, répondant au doux nom de Zébulon. Le brave homme s’invitait chez nous au petit déjeuner, venant emplir l’appartement et nos visages de fumée d’herbe fraiche qu’il cultivait un peu plus loin chez lui, au même étage, pendant que nous mangions nos céréales. Il va sans dire que nous n’apprécions guère ces intrusions matinales, mais ça faisait toujours une connaissance hors du cadre de la fac.

Nous passions nos soirées généralement à trois, pas avec Zébulon, même s’il faisait régulièrement irruption à notre domicile, mais avec le chat, un vieil ami qui nous avait suivi à Bordeaux, et qui « vivait » avec nous la plupart du temps, entrant et repartant souvent sans nous adresser le moindre mot, gisant sur le canapé-lit du salon devant la télé des heures durant, d’où son sobriquet affectueux.

Les soirées se réchauffaient, et le chat installé confortablement sur sa couche, nous alternions entre télé, PC, guitare, et vagabondages sur le balcon, où nous fumions paisiblement nos cigarettes dans la pénombre.
C’est lors d’un de ces moments privilégiés sur le balcon, absorbé par la contemplation du parking de la grande résidence où nous vivions et des volutes de fumée que j’exhalais, que j’ai un beau soir entraperçu la voisine qui vivait à côté de chez nous, juste derrière le mur, elle aussi accoudée au balcon, à quelques mètres de moi.

Jusqu’à ce jour, nous n’avions pas la moindre idée de son existence. C’était peut-être la semi obscurité du moment ou l'alcool, mais sur le coup, je me souviens que je l’avais trouvée vraiment très jolie. Le fait de l’avoir vue, perdue dans ses pensées tout comme moi, observant tranquillement la nuit, ne me l’avait rendue qu’encore plus mystérieuse et attirante.

Bien entendu, sitôt ma cigarette terminée, je m’étais empressé d’aller avertir le chat et mon pote de la présence d’une telle créature à quelques mètres seulement de nous. Ces derniers s’étaient donc subtilement débrouillés pour l’entrevoir, et nous en avions conclus que non, il ne s’agissait pas uniquement de l’obscurité.

Comme vous vous en doutez, pas vraiment doués pour la drague ou pour le contact humain en général, nous vivions donc désormais avec la connaissance de ce fait terrible, qu’une jeune femme charmante vivait de l’autre côté du mur, apparemment seule, et qu’aucun de nous ne ferait le moindre effort pour faire sa connaissance.

Le temps passa. Et si d’occasion il nous arrivait d’essayer de provoquer le destin en jouant quelques chansons en son honneur en espérant la voir débarquer chez nous, attirée par si douce mélopée, rien n’arriva, et c’est ainsi que les choses devaient se terminer. Du moins presque, car quelques jours à peine avant le déménagement, rongé par le remord, me vint soudain l’idée folle de tenter quelque chose, de ne pas m’avouer vaincu par la vie et par notre couardise. Je décidais donc de mener une enquête, et par déduction, finissais par trouver au milieu de la centaine de résidants la boite aux lettres avec son nom.
Mais vous me connaissez, cet instant de bravoure présageant normalement l’action n’en avait pas vraiment été un, et la connaissance de son patronyme n’avait en fait rien apporté du tout, et n’avait certainement pas émoussé ma timidité et mes a priori. D’autant que je me voyais mal aller toquer à sa porte pour lui dire « Salut, on ne se connait pas, mais je m’en vais.». Les derniers jours, je m’interrogeais donc sur les éventuelles actions que je pourrais mener pour engager contact avec l'inconnue, sans vraiment savoir quoi faire.

Lâche comme aucun autre, mais me maudissant de laisser peut-être filer entre mes doigts une chance de rencontrer le potentiel amour de ma vie, je décidais finalement de faire quelque chose, au terme d’une soirée fortement alcoolisée, et après avoir laissé les hasards de la vie décider à ma place. J'avais réussi à jeter une boule de papier trois fois de suite dans la poubelle, il s'agissait sans aucun doute d'un signe divin. J’adoptais donc la seule possibilité me semblant faire sens : j’écrivais une lettre mystique à déposer dans sa boite aux lettres avant mon départ. Dans celle-ci, très brève, je lui expliquais mon déménagement et le fait que nous étions voisins,  et lui exprimais le mystère qu’elle avait provoquée dans mon esprit les quelques fois où je l’avais entraperçue. Je lui laissais également mon e-mail, au cas où elle aurait souhaité répondre, sait-on jamais.

Et c’est ainsi que je quittais Eurofac, avec la sensation d’un travail bien fait.

Je ne donnais pas cher à la suite de cette histoire, et imaginais déjà son rire à la lecture d’une missive si pathétique et désespérée. Je sais que moi j’aurais ri. Je décidais donc d’oublier cette affaire, au moins satisfait d’avoir fait un geste en sa direction, fier de ce courage incroyable qui me caractérise.

Mais, rebondissement inattendu, quelques jours plus tard, je vis une réponse arriver sur ma boite e-mail. Plusieurs états me parcoururent avant l’ouverture de son message. La honte, tout d’abord, de toute cette manœuvre ridicule ; puis l’inquiétude. Allais-je me faire gentiment remballer, insulter ? Allais-je trouver un « LOL » bien senti pour tout texte ? Mon égo serait-il brisé ? Je ne la connaissais absolument pas et c’était tout à fait possible. C’est le cœur battant que j’ouvris son e-mail, et avec surprise et soulagement que je découvris que non. La très charmante jeune femme était apparemment très compréhensive et sympathique, et sa réponse me ragaillardit quelque peu. Elle y indiquait qu’elle trouvait elle-même mon message intriguant (c’était un peu le but, certes), qu’elle voyait qui j’étais et qu’elle était tout à fait disposée à ce que nous fassions connaissance si je le souhaitais. Yay-oh. Mais elle y indiquait également qu’il était dommage que ça arrive à ce moment-là, car elle déménageait elle aussi, et partait en Espagne plusieurs mois. Elle me donnait son numéro de téléphone et son prénom, Katel, et m’invitait à la contacter quand j’en sentirais l’envie (le courage).

Au terme de plusieurs heures d’effroi à l’idée d’aborder une parfaite inconnue en devant lui expliquer le pourquoi du comment j’avais fait ça, je finissais par l’appeler. Et étrangement, tout se passa bien. Décidément très sympathique, nous discutâmes, et après m’être assuré qu’elle savait bien lequel des deux j’étais afin d’éviter toute méprise (ou des trois… même si compte tenu de sa réponse courtoise je me doutais qu’elle ne m’imaginait pas être le chat, charmant personnage appréciant observer les voisins à l’aide de jumelles), nous fîmes donc connaissance, Katel et moi. Elle me surprit, en me dévoilant qu’elle aimait s’endormir au doux son des guitares et de la musique de l’autre côté du mur, alors que je pensais qu’elle aurait été horrifiée par les cris d’animaux et autres rires abrutis qu’elle aurait normalement dû entendre.

La conversation ayant porté ses fruits en matière de cordialité et d'absence d'humiliation, nous restâmes donc en contact, par e-mail vu son départ précipité pour l’Espagne. C’est ainsi que les mois passèrent, et nous eûmes le temps de partager beaucoup de choses par ce biais, comme deux jeunes de l'an 2000. Nous nous découvrîmes l’un l’autre, et nos goûts communs et sa personnalité ne faisaient que renforcer ma conviction qu’il se passait quelque chose

Car voilà comment j’ai rencontré la femme de ma vie et désormais épouse, Katel.

C’est ce que j’aurais pu dire dans un univers parallèle. En fait après quelques mois Katel est rentrée en France, elle m’a invité à aller voir un concert avec elle et ses amis mais je n’ai pas pu, et ensuite elle est retournée vivre définitivement en Espagne et nous avons perdu contact à tout jamais.

Posté par Dadark à 03:37 - Sélection du chef - Je t'aime EDWOOD [5] - Permalien [#]

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31 décembre 2011

Titre

2012


Toute l'équipe de "Edwood, le blog" et moi-même nous joignons en une seule et unique entité afin de vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année. Nous espérons de tout coeur que vous y trouverez amour, présents, bonheur, réconfort, secret de l'âme humaine.

Et puisque j'ai un rôle pédagogique auprès des plus jeunes, je me sens obligé de vous dévoiler certaines choses qui vous feront grandir : Le père Noël n'existe pas. Et Jésus n'existe pas. Adressez-vous à vos parents pour de plus amples informations.

A très bientôt pour de nouvelles aventures sur "Edwood, le blog", en cette future année 2012 pleine de bonnes résolutions et de nouvelles notes. Sigh.


Edwood et son équipe

Posté par Dadark à 15:45 - Je t'aime EDWOOD [8] - Permalien [#]

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19 septembre 2011

Pot Pourri

pageblanche



Quoi de neuf en ce moment sur Edwood-le-blog-le-film@pentagone.org ?

Eh bien pas grand chose mes amis. Enfin si, nous venons tout juste de fêter la 50ème note. Vous ne l'avez peut-être pas remarqué mais nous l'avons bel et bien fêtée. Et par "nous", j'entends surtout "je". Je vous en fais part après coup car je suis comme cela, comme pour mon anniversaire, j'en parle après, afin que les gens ayant oublié se sentent coupables et essaient de me prouver leur amour de façon déraisonnée. Vous pouvez m'offrir un iPhone.

Donc voilà, à part ça, rien de neuf, et nous en arrivons au stade où je n'ai quasiment plus de sujet d'avance sous la main. J'ai bien quelques notes qui croupissent dans des fichiers textes, des notes qui je l'espère vont se bonifier avec le temps comme du vin, même si je sais pertinemment que non. Elles seraient plutôt du genre à rester l'égal d'un cubi de Félissou pour l'éternité. Oui, Félissou, ce "vin de table" qui coûte moins d'un euro et qui se coupe à l'eau pour bien en apprécier la saveur.


felissou

Bouteille de Félissou posant au milieu d'autres bouteilles.


Dans ce genre de situation, en manque de sujet, en manque d'inspiration, nous autres blogueurs pro nous retrouvons face à deux possibilités : La première, ne rien poster jusqu'à ce que l'inspiration vienne, chose que j'ai déjà expérimenté sans trop de succès ces deux dernières années ; La seconde, récolter les moindres informations qui ont le malheur de rencontrer nos yeux fatigués, et en faire un patchwork, une sorte de pot pourri de sujets divers et variés, en espérant que l'un d'eux arrive à toucher l'auditoire.


Sujet 1

Je vous confiais dans la note précédente que j'avais été approché par eD*rling en vue d'un coopération commerciale. Vous avez probablement cru à une plaisanterie malicieuse de ma part comme j'en fais souvent, ou peut-être au délire d'un homme vieillissant rendu fou par l'alcool et les drogues, mais il n'en est rien. La vérité, c'est que j'ai réellement été approché par eD*rling. En effet, voici le mail que j'ai reçu il y a peu de temps :

Sujet : Collaboration e*arling

Bonjour,

Je trouve votre site très intéressant,

Je travaille pour le site internet eD*rling.fr et nous traitons parfois de sujets similaires.
J’ai constaté que vous aviez des partenaires qui vous soutiennent pour votre site, quelles seraient les conditions pour en faire partie ?

Nous pourrions peut-être envisager une collaboration ? En vous aidant à faire connaître votre site par exemple ?

Qu’en pensez-vous ?

Cordialement,

Marine
eD*rling.fr


Cette prise de contact a soulevée chez moi plusieurs interrogations. Premièrement,
quels sont donc les "partenaires" qu'a cru voir sur mon blog Marine de eD*rling ? S'agirait-il de Zombocom, un site qui figure dans mes liens ? Ont-ils accès grâce à leurs mystérieux pouvoirs à des informations que je connais pas ? Serais-je sans le savoir associé à des marques ou des sponsors ? Toujours est-il que si un jour en buvant un soda ou en mangeant un steak vous voyez sur l'emballage une pub pour "Edwood, le blog qui met du beurre dans tes épinards", je vous serais très reconnaissant de m'en tenir au courant.

Ensuite, les "sujets similaires". Je suis tout à fait conscient que la note sur la Femme Scorpion a considérablement dégradée la nature des requêtes qui amènent à mon blog, étant donné que depuis que je l'ai postée j'ai tous les jours des résultats comportant au moins les mots "Seins", "Bite",  "Nichons", ou "Viol". Par exemple rien qu'aujourd'hui, j'ai pu découvrir les mots-clés suivants : "GROSSE PUTE AUX GROS NICHONS", "gro sein au soleille", "femme gros seins violentée", ou encore "femme gros sein et chate plein de poil !!" (points d'exclamation d'origine). Et ce n'est là qu'un échantillon non exhaustif. Or, ces visites représentent 90% des accès au blog, et je ne vais pas cracher dans la soupe, c'est grâce à elles que je peux vivre de cette activité à temps plein qu'est le blogging. Mais cela m'amène tout de même à me questionner sur le sens que je dois désormais donner à mon blog. Dois-je en revoir complètement le concept et ne poster que des nouvelles érotiques, des photos de seins et des vidéos porno ? Suis-je censé en faire un blog-rencontre avec un système de commentaires webcam pour répondre à la demande sans cesse croissante de mes visiteurs ?

Mais surtout, surtout, dois-je accepter la collaboration avec eD*rling ? Dois-je même m'INSCRIRE sur eD*rling et peut-être rencontrer la femme de ma vie, une Simone, 65 ans du Gers qui aimerait la chasse et le tricot ?

Le débat est ouvert.


Sujet 2

Cela fait quelques temps que je voulais vous en parler, sans que ce soit assez touffu pour en faire une vraie note, alors je profite du patchwork pour le placer. J'ai découvert quelque chose de génial : Le Speed hating. Vous connaissez probablement le Speed dating, qui consiste à participer à des rencontres en compagnie de nombreux autres participants et participantes, le concept reposant sur la micro rencontre, avec 5 minutes pour découvrir chaque personne, et essayer de vous faire aimer d'elle dans ce court laps de temps.
Eh bien le Speed hating, c'est l'inverse. Vous avez 5 minutes pour vous faire haïr par la personne en face. Inutile de dire que ce concept m'a semblé d'emblée bien plus intéressant que l'original, et a éveillé en moi des envies de conflit et de haine que je pensais disparues depuis mon adolescence. Se montrer détestable et désagréable, après tout, c'est une vraie stratégie, un vrai don de soi. Analyser l'inconnu qui se trouve en face de nous, et essayer d'imaginer tout ce qui peut le répugner le plus chez un être humain, afin de lui en faire don. Existe-t'il un partage plus complet que celui-là ?

D'ailleurs détail amusant, le premier lien google vers le Speed hating amène sur eDarling, décidément prêt à s'engoufrer dans toutes les brèches de l'humanité.

Je vous invite donc cordialement, dans la bonne humeur et la franche camaraderie, à participer à un Speed hating avec moi. Soyez assurés que je serai le partenaire idéal, et que je vous ferai passer un mauvais moment comme rarement vous en aurez connu dans votre vie.

Le débat est ouvert.


Sujet 3

Je me suis remis à fumer. Certaines personnes le font sous la contrainte d'une violente dépression, ou simplement par erreur lors d'une soirée d'excès. Dans mon cas il s'agissait d'un acte totalement délibéré. Eh oui, je suis comme ça, surfant à contresens de la vague sociale, à l'heure où le prix de ces petites baguettes de bonheur ne cesse d'augmenter et où il devient presque interdit de fumer chez soi, par peur d'intoxiquer ses voisins au cas ou la fumée parviendrait à passer sous les plinthes.

Alors pourquoi cette décision, pourquoi avoir eu l'envie d'avoir envie de reprendre, alors que j'avais arrêté depuis près de deux ans ? La réponse est toute simple chers lecteurs : PARCE QUE C'EST BON. Tout simplement. J'ai pesé le pour et le contre, et en suis rapidement arrivé à la conclusion que fumer, c'est bon.

Vous mêmes, fumeurs ou anciens fumeurs, vous le savez. Vous connaissez l'incroyable félicité que l'on ressent en inhalant la délicieuse première bouffée de tabac après un repas. Quelle merveilleuse sensation de bien être et de complétion, quand la flamme du briquet vient faire rougeoyer la blonde qu'on tient fébrilement entre ses doigts, tout en l'embrassant du bout des lèvres. C'est presque sexuel. Quel plaisir que d'être confortablement installé dans son canapé en regardant un film, et qu'alors qu'on a la sensation qu'il manque quelque chose pour que l'instant soit parfait, on se souvient qu'on est fumeur, et qu'on peut donc légitimement s'allumer une cigarette, et transformer ce moment qui jusque là était simplement agréable, en instant de pure extase.

Car fumer après tout, c'est ça. C'est reconnaître sa faiblesse d'être humain, et accepter d'en jouer le jeu en créant volontairement le manque, un manque qu'il sera possible de combler à volonté, à chaque instant où on le sentira nécessaire. Quelle merveilleuse thérapie. Quel soulagement face au stress, à la tension de la vie, à l'absence d'accomplissement personnel.

Bien entendu, je ne vais pas vous mentir, reprendre c'est difficile. La culpabilité avant d'allumer sa première, cette pression sociale que l'on ressent et qui nous fait un peu hésiter. On se dit merde, est-ce que j'ai vraiment raison de me remettre là dedans ? Est-ce que j'en ai vraiment besoin ? Ne suis-je pas en train de faire une erreur ? Puis vient le moment où on se lance après tout ce temps. Moment de malaise. On s'en veut presque un peu. La première cigarette n'est pas bonne, elle n'a pas vraiment de goût, elle rend un peu malade. On se dit presque que c'était un coup dans l'eau, qu'on ne va pas reprendre finalement. Mais j'avais anticipé tout cela, je m'étais préparé, car j'avais déjà repris dans ma vie, et je savais. Je savais qu'il n'y avait qu'à attendre le lendemain pour que la suivante soit meilleure et appréciable. Et quelques jours seulement pour que fumer redevienne un plaisir absolu, une compagne de tous les instants.

Et ce soir, alors qu'à deux heures du matin je peux m'accouder au balcon et savourer une délicieuse et légère brise de nuit d'été en regardant les volutes de fumée planer délicatement devant moi, je me dis que j'ai eu mille fois raison.

En complément d'information, je vous invite à lire le livre de William WHITBY, "VIVE LE TABAC". Un livre où l'on découvre que "l'usage du tabac n'est pas mauvais pour notre santé", et qu'il protège souvent du cancer et de l'infarctus. (Paris, MA Editions, 1983).

Et laissez moi vous dire qu'en 1983 on savait de quoi on parlait. William WHITBY le premier. Un sympathique bonhomme que ce WHITBY. Je ne me lasse pas d'écrire son nom. WHITBY.

De toute façon si la cigarette avait déjà fait le moindre mal à quelqu'un, je crois que ça se saurait.

Le débat est ouvert.

Posté par Dadark à 03:59 - Je t'aime EDWOOD [13] - Permalien [#]

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11 septembre 2011

Des souris et des hommes

mice



Bonsoir.

Parfois, dans la vie d'un artiste-créateur, sous les projecteurs éblouissants de la gloire et du succès, vient un moment où, par un concours de circonstances malheureux, on en vient à promettre à son auditoire des choses insensées qu'on sait pertinamment qu'on ne pourra jamais produire. C'est cruel mais c'est ainsi, nous sommes comme cela nous autres, saltinbamques du rêve. N'échappant pas à la règle, alors que je suis en ce moment même approché par e-Darling afin de concrétiser un partenariat hautement rémunérateur grâce aux nombreuses références sexuelles Google que vous m'offrez tous les jours, je décide de vous dévoiler cette vérité à la noirceur qui n'est pas sans rappeler celle d'un point sur un nez.

Oui, mes amis, il m'est moi aussi arrivé de fauter, je le confesse. Il m'est arrivé sur ce même blog ou sur les anciens de vous annoncer des choses, de vous teaser, de vous séduire en vous mettant l'eau à la bouche, et de vous promettre des histoires aussi farfelues qu'attirantes, dont la drôlerie pure faisait s'esclaffer rien qu'en lisant le pitch. Je m'en suis rendu compte en survolant mes archives, chose que je fais chaque soir en riant de bon coeur afin de passer un agréable moment.

Je vous ai ainsi promis, entre autres, de vous raconter la suite de mon fantastique voyage à Paris qui devait compter 21 parties et dont une seule à ce jour s'est trouvée publiée. Je vous ai de la même façon invités à croire que je posterais un texte sur Musclor, ce héros de nos enfances. Enfin, vous n'êtes pas sans savoir que j'avais introduit suite aux très cultissimes notes sur les araignées et sur mon combat contre le Roi Moustique une grandiose série de textes qui vous narrerait l'état de délabrement dans lequel se trouvait mon appartement de l'époque, et une description complète de l'incroyable faune et flore qui l'avaient envahi et transformé en basse-cour sonnante et caquetante.

Mais chers lecteurs, aujourd'hui, j'ai décidé qu'il était temps de remplir mes engagements, d'oublier cette frénésie du pouvoir qui poussait le petit homme fantoche que je suis à vous mentir délibérément. Oui, vous l'attendiez comme un cadeau de Noël qu'on réclame tous les ans avec espoir mais qu'on ne verra jamais venir, comme un poney, ou un bermuda. Je recevais tous les jours des centaines d'e-mails à ce sujet, des lettres pitoyables mais touchantes de personnes malades n'attendant qu'une dernière chose de ce monde : pouvoir lire la note sur les souris de mon ancien appartement.

EH BIEN LA VOILA.

Tout cela date d'il y a fort longtemps, dans une lointaine galaxie. J'ai pour l'écrire dû remonter dans le temps et réactiver les cellules mortes de mon cerveau à l'aide de nicotine et autres puissantes drogues afin de pouvoir m'en remémorer chaque détail. En fait pour être franc, j'avais espéré retrouver un début de note que je pensais avoir écrit un jour d'ivresse. Après avoir fouillé méticuleusement les 150 documents textes qui peuplent mon dossier d'écrits incomplets, j'ai fini par retrouver ce que je souhaitais. Du moins je le pensais, car en réalité je me suis aperçu avec effroi que je n'avais écrit qu'une seule ligne. Inutile de dire que j'ai été déçu, mais qu'elle sera néanmoins intégrée à la note, et ce à plusieurs reprises, car c'est toujours ça de pris.


DES SOURIS ET DES HOMMES


Partie I

Revenons en l'an 2008. Le monde est considérablement différent de celui que vous connaissez aujourd'hui. Les gens se déplacent à l'aide de troncs d'arbre qu'ils font rouler bruyamment sur le sol, la mode est aux pattes d'eph et nous écoutons Ace of Base. Nous sommes heureux et insouciants, vivant l'instant présent comme de doux rêveurs, sous le règne du président Pompidou. Je crois. Non en fait je ne crois pas, mais ce nom est beau comme une fanfare et je souhaitais l'utiliser.

J'étais dans mon appartement en compagnie de mes amis moustiques et fourmis, et je passais une délicieuse soirée dans le monceau d'ordures m'entourant et constituant le cadre de vie de ce lieu. Vaisselle sale, déchets en tout genre jonchant le sol, je m'étonnais presque de ne pas encore avoir succombé au choléra, mais ne m'en souciais guère plus que ça, parce que mine de rien c'était une bonne soirée. J'étais donc en compagnie d'une femme, probablement M., ou M., ou M., et nous regardions tranquillement la TV dans un état proche de l'abrutissement, quand tout à coup, j'entendis un cri dans la nuit. Ce cri, ce n'était autre que ma compagne, qui venait d'apercevoir une créature passer devant elle dans la pénombre. Alarmé par cet avertissement sonore laissant entendre qu'il ne s'agissait pas des insectes mutants habituels, je décidais de prendre les choses en main et d'essayer de comprendre ce que pouvait bien être l'indésirable, n'aimant guère les créatures de ce genre, ou tout simplement les étrangers. Je partis donc en chasse de la bête, m'attendant presque face à la description de mon amie à voir surgir un cafard géant ou autre ragondin pesteux. Je jetais un coup d'oeil sous l'armoire, sous le lit, derrière la télé, quand tout à coup, je le VIS. Oui, je le VIS, ou plutôt je la vis, car il s'agissait en fait d'une petite souris. Avouez que vous être surpris, vous qui n'aviez lu ni les multiples titres de la note ni le préambule, et qui aviez commencé directement à ce paragraphe !

Une souris donc. Relativement vive, mais quand même assez boulotte, du genre à aller se cogner contre le mur en courant. Attendrissement. Je compris tout à coup pourquoi depuis une semaine environ je retrouvais mes réserves de pain de mie rongées, et des crottes de rongeur un peu partout sur le sol de ma cuisine. Non, ça ne m'avait pas mis la puce à l'oreille jusque là, même si elle devait pourtant en avoir en nombre, des puces.

Amusés par cette sympathique découverte, car après tout il s'agissait d'un vieux bâtiment et il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'il soit peuplé de rongeurs, même si je me trouvais au troisième étage, nous décidâmes de lui donner un nom, et après quelques jours en trouvant ses déjections sur mon plan de travail ou dans mes assiettes, d'essayer de la capturer pour nous en débarrasser.

Fifi la souris.

Mais comment la tuer ? Si vous l'aviez vu, avec sa petite tête d'enfant-souris. Cela serait comme tuer un bébé. Un bébé pillant mes provisions alimentaires, et souillant de ses tiques pestiennes et autres galles mon environnement de vie.
Or, vous me connaissez, j'ai un grand coeur d'enfant. Impossible pour moi d'utiliser un piège et de retrouver une pauvre malheureuse la tête à moitié arrachée. Je souhaitais que nous réglions ça à l'amiable, et cela impliquait donc une non-souffrance des animaux.

Je partais donc comme tout homme de 2008 en recherche d'information sur altavista.com, et tombais sur plusieurs sites de gens comme moi, n'aimant pas faire de mal aux bêtes, mais n'appréciant pas non plus la maladie. J'y trouvais des astuces pour capturer sans violence et sans dépense les petits animaux de ce genre.

Le concept était simple, et ne nécessitait qu'un rouleau d'essuie-tout et une poubelle pour être mis en place. Je vous en fais un petit schéma, j'aime beaucoup les schémas :


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Comme vous pouvez le constater, plan simple et génial. La souris, alléchée par le fumet délicieux d'un bout de pain rassi, entre dans le rouleau de sopalin qui balance dans le vide, et en essayant de se saisir de son précieux repas, fait chuter sous son poids ce dernier avec elle dedans en direction de la poubelle. Probablement un truc tiré de Picsou magazine, toujours est-il que sur le papier, ça avait toutes les chances de fonctionner.

Le premier soir, je mis donc le piège en place. Nous attendions, toutes oreilles sorties, le moindre son prouvant que ça avait fonctionné et que nous tenions notre parasite. Malheureusement il n'en fut rien. Nous partîmes nous coucher, et c'est alors que ma nuit était déjà bien entamée que je fûs réveillé par un bruit régulier et agaçant. Me levant pour voir ce dont il s'agissait, je me rendis compte avec joie que la bête était captive ! Le bruit agaçant, c'était celui de ses sauts contre la paroi de la poubelle en plastique lisse. Ca faisait une petite vingtaine de minutes qu'elle bondissait pour essayer de sortir de sa prison, ce qui était passablement énervant pour quelqu'un essayant de dormir comme vous pouvez vous le figurer. Mais trop heureux de contempler la petite créature prise au piège, je décidais d'aller réveiller ma partenaire dans un geste de pure galanterie afin qu'elle partage avec moi ce moment, et de lui présenter notre nouvelle amie. Je suis comme ça moi, j'aime que les autres partagent mes réveils.

Une fois la découverte passée, il fallut prendre une décision, qu'allions nous en faire ? Fatigués, nous décidâmes pour le moment de fermer la poubelle au cas ou à l'aide d'un plastique percé de petits trous de la taille d'un sténopé afin que le malicieux souriceau puisse respirer mais pas s'échapper, et d'aller reprendre notre nuit. Elle finit par se calmer et nous pûmes donc dormir quelques heures, non sans quelques réveils intempestifs, témoignages de sa vivacité.

Vers six heures, n'arrivant plus à dormir, il fallut définitivement prendre une décision. Elle fut la suivante : descendre les trois étages en caleçon avec la poubelle dans les bras, et aller rendre la petiote à la rue qui l'avait vue naitre.

La larme à l'oeil, je vis mon nouvel animal de compagnie s'enfuir à toute allure en se cognant contre la porte d'entrée, puis partir en direction du salon de coiffure le plus proche, qu'elle a probablement envahi depuis.


Partie II

Bon. Quelques jours séparent la rédaction de la partie I de la partie II, et autant vous le dire tout de suite : aujourd'hui je suis de mauvaise humeur. Je me suis levé du mauvais bulbe pédestre, et je me suis coupé en me rasant. Alors la partie II sera de mauvaise humeur. Elle ne sera pas joyeuse, elle sera triste et cruelle. Fini les attendrissements et les franches rigolades, il va y avoir du sang de souris, il va y avoir des morts, des cadavres partout, de la haine animalière et raciale, de la vérité crue et brutale.

Donc, une semaine après les évènements relatés dans la première partie, alors que nous pensions avoir éliminé la menace souricienne à tout jamais, nous étions à nouveau comme qui dirait envahis. Oui je dis bien envahis, car il semblerait qu'avant son départ, Fifi ait eu la délicate attention d'engendrer une centaine d'enfants, étant donné que nous en voyions désormais toutes les minutes et toutes les secondes, galopant sur le parquet, sur le comptoir, dans les placards, dans nos chaussettes, dans l'aspirateur, ou dans nos soutien-gorge.

Je remis donc le piège-sopalin en place, mais, si les premières heures nous procurèrent un vif amusement, capturant une petite souris toutes les 5 minutes, au bout d'un certain temps, contempler le zootrope que représentait la poubelle remplie de rongeurs bondissants nous lassa quelque peu. Passées quelques tentatives vouées à l'échec, comme essayer de boucher les trous d'accès à l'appartement, ou de vivre dans la salle de bain, je décidais donc de recourir à une offensive plus directe et de souhaiter désormais la mort de nos amies miniatures.

Je m'armais pour cela d'un puissant pot de MORT-AUX-RATS que je saupoudrais partout, y compris dans mes plats cuisinés. Très vite, son effet se fit sentir. De retour de l'hôpital, je trouvais une pauvrette mourante titubant sur le sol tel un caméléon, souffrant mille douleurs. Si cette découverte m'emplit de tristesse pour la pauvre créature, je ne pouvais néanmoins qu'admettre qu'il s'agissait là d'un mal nécessaire, tant pour ma santé que pour ma survie. Ne pouvant supporter la vision de l'adorable créature agonisant, je décidais de m'armer de moufles afin de ne pas attraper la peste, de l'attraper par la queue, et d'abréger ses souffrances en la projetant de toutes mes forces depuis ma fenêtre jusqu'au hall d'entrée en bas de mon appartement. EH OUI JE SUIS UN MONSTRE. Je suis comme cela. Quelques jours plus tard, le hall d'entrée était devenu un véritable cimetière, pour la plus grande joie des autres résidents.
Mais je me rendis vite compte que cet holocauste animalier que je provoquais ne servait pas à grand chose, il était trop tard. Les souris revenaient sans cesse, reviendraient sans cesse, il fallait me rendre à l'évidence : les tuer ne faisait qu'augmenter la longue liste de péchés de ma vie que j'aurais un jour à expliquer en haut lieu, il valait mieux se résigner à apprendre à vivre avec.

C'est donc ce que nous fîmes. Il fallut ranger, nettoyer. Oui, nous en étions arrivés là, mes amis. Nous avions été vaincus par la vie, qui nous ôtait notre liberté de vivre salement. Nous devions désormais faire attention et protéger les aliments, passer l'aspirateur, désinfecter, faire la vaisselle. Bref, nous dûmes apprendre à devenir responsables, car cette histoire nous aura au final servi de leçon.

A qui vais-je faire croire ça ? Une semaine plus tard, l'appartement était à nouveau un dépotoir.

Les voisins se plaignaient que nous laissions nos poubelles dans le couloir afin de ne pas susciter l'intérêt des rongeurs. De plus nous ne prenions même plus la peine d'amener les souris jusqu'à la rue, nous les libérions désormais directement dans l'escalier. Oui, je crois que les habitants du 12 rue du parlement Saint-Pierre peuvent me remercier d'avoir contribué à l'invasion du bâtiment. Pour ma défense, il avait été prévu une dératisation de l'immeuble, mais les responsables n'ont apparemment pas jugé utile de m'en informer et ont donc "oublié" mon appartement, ceci réduisant un peu à néant leur effort.

Lorsque, excédé par la vermine, je décidais enfin quelques mois plus tard de prendre la sage décision de déménager, et suite au grand nettoyage qui dura à peu près 1000 jours, je découvris sous les meubles ou derrière le frigo les vestiges d'une société complexe et fleurissante, ainsi que moult cadavres qui, je l'espère, m'auront inoculé nombre de maladies graves en pourrissant pendant des mois à l'abri des regards indiscrets.

J'aurais pu, oui, j'aurais pu avertir le prochain locataire dont j'ai moi même dirigé les visites, de cette présence indésirable, tout comme j'aurais pu également l'avertir par ailleurs du fait que l'isolation des fenêtres revenait à peu près à la même chose qu'avoir un trou béant dans son mur. J'aurais pu avoir pitié du pauvre bougre. J'ai préféré lui dire que "en hiver il fait froid, en été il fait chaud", et qu'il ne "manquerait pas de compagnie".

Paix à son âme.

Posté par Dadark à 22:25 - Sélection du chef - Je t'aime EDWOOD [5] - Permalien [#]

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